Le souffle des marquises

Auteurs :  Muriel Bloch, Marie-Pierre Farkas

Éditions : Naïve


Présentation de l’éditeur :

« Lille, 1862 : Éléonore a dix ans et une oreille exceptionnelle. Son père devient fou de rage lorsqu’il découvre qu’elle joue de la musique en cachette : ce n’est pas convenable ! Pour lui faire passer l’envie de devenir musicienne, il l’envoie à Paris chez son oncle et sa tante, qui tiennent une blanchisserie. Mais l’enfant trouve vite le moyen de se faire embaucher dans l’atelier de fabrication d’instruments de Monsieur Adolphe Sax, le génial inventeur du saxophone.
Commence alors une vie peuplée d’amitiés et d’amours impossibles, entre Montmartre et Pigalle, où se croisent peintres, artistes et tout le petit peuple de Paris, aux temps de la Commune et des premières Expositions universelles.»

Mon avis :
Le premier tome d’une saga racontant le destin d’une jeune fille hors du commun. Eléonore est passionnée, elle sait ce qu’elle veut et se donne les moyens de l’obtenir.
Un très bon moment de lecture, narrant des faits historiques au temps de la Commune ; on y croise des gens célèbres, Sax, Berlioz…. On suit l’évolution de cette jeune fille, sa relation privilégiée et si intense avec la musique, ses premiers émois amoureux, ses drames, ses relations conflictuelles avec son père….
Éléonore est en avance sur son temps, d’une grande modernité, une vraie jeune femme d’aujourd’hui, refusant d’être limitée du fait d’être une femme, acceptant d’élever seule son enfant, de partir vers l’inconnu.
Le tout porté par une écriture légère, rythmée emmenant le lecteur dans les pas endiablés de cette fanfare.
Un petit bonheur.
J’ai lu ce livre grâce à Bob et aux éditions Naïve que je remercie, dans le cadre d’une lecture croisée avec ma fille.
Son avis :
Étant moi-même musicienne, j’ai aimé cette histoire ; les détails historiques donnaient un côté plus réaliste au roman. Rencontrer Berlioz par exemple, c’était super. Bien sûr j’ai adoré suivre les histoires romantiques d’Éléonore, avec une préférence pour sa toute première histoire d’amour, j’aurais voulu….mais bon c’est la vie 🙂
Un bon roman facile à lire, une héroïne attachante.
Merci pour ce livre

Le deuxième tome est déjà publié : Le Swing des Marquises.

Très bientôt le troisième : La Samba des Marquises

Le site de Muriel Bloch.

La leçon de danse

Auteurs :  Mo Willems

Éditions Tourbillon


Présentation de l’éditeur :

« Un éléphant ne peut pas danser ?
Lili est persuadée du contraire.
Mais quelle drôle de danse que celle d’Émile… »

Mon avis :
Une maison d’édition que je ne connaissais pas, tout comme l’auteur. Voilà une lacune que je viens de combler et j’en suis ravie.
Lili est un petit cochon et Émile, un gros éléphant ; Lili voudrait danser avec Émile, mais tout le monde sait que la danse n’est pas faite pour les éléphants.
Le style est très simple, les dialogues précis et drôles, avec cet éléphant qui se trompe tout le temps, les dessins très épurés, centrés sur les personnages, un petit moment de fraîcheur à partager avec nos jeunes lecteurs.

Le blog de Mo Willems.

Le journal de Peter

Auteurs :  Sébastien Perez, Martin Maniez

Éditions Milan Jeunesse


Présentation de l’éditeur

« Peter, un jeune orphelin, raconte sa vie dans son journal. Dans un monde trop triste et trop gris, il s’invente bientôt un univers peuplé de fées, de pirates et d’Indiens… et devient le célèbre Peter Pan ! »

Mon avis :

Peter est amnésique, il ne sait plus qui il est, qui sont ses parents ; toute sa vie se borne à un cahier dans lequel il consigne ses pensées. Même son prénom lui est étranger, mais c’est comme çà qu’on le nomme à l’orphelinat.

Alors Peter écrit ; il écrit à sa mère dont il ne sait rien , mais qui est forcément très belle, très aimante et qui doit elle aussi penser à lui et le chercher. Dans ce cahier, il range ses espoirs, ses dessins, il dépeint sa vie, ses craintes et son besoin impérieux de savoir d’où il vient, de retrouver sa mère.

Il décide donc de s’enfuir et d’explorer Londres en quête de son passé ; c’est ainsi que de rencontres en rencontres, il arrivera sur les docks et se mettra au service d’un sinistre capitaine qui le mènera à la vérité. Mais cette vérité est-elle celle que Peter avait imaginée ?

Un livre superbe, d’abord l’objet lui-même, magnifique, soigné. Les illustrations de Maniez sont saisissante de réalisme, tantôt esquisse crayonnées, tantôt pâles aquarelles, elles participent à la poésie de l’album. Et tous ces petits détails qui font que le lecteur a réellement l’impression d’être face à un journal intime, des lettres, des photos, des petits trésors, des secrets d’un enfant inconnu que l’on ouvre avec respect, avec tendresse.

Plusieurs niveaux de lecture, une vision différente du mythe de Peter Pan, la genèse du mythe. A lire à différents âges, pour le plaisir, pour comprendre. Des thèmes durs abordés avec intelligence, l’abandon, le manque d’amour, la quête d’identité, le deuil des parents parfaits, la peur de grandir….

Un album magique, complexe, à savourer et à relire plusieurs fois pour en savourer toute la complexité.

Vous pourrez le feuilleter ici.

Le blog de Sébastien Perez.

Ceci est un poème qui guérit les poissons

Auteurs :  Jean-Pierre Siméon, Olivier Tallec

Éditions Rue du Monde

Présentation de l’éditeur

Pour guérir Léon, son poisson rouge malade, Arthur doit lui dire un poème. Mais quelqu’un sur cette planète va-t-il être capable d’expliquer à Arthur ce qu’est un poème ? ! La boulangère, le canari, ses grands-parents, le vieux Mahmoud, chacun à une réponse qui ne ressemble à aucune autre ! Poème semble un mot bien mystérieux. Il y a pourtant urgence, c’est tout de suite qu’Arthur a besoin de savoir. Pour sauver Léon.

Mon avis :

Arthur est très inquiet ; son poisson est malade, il dépérit dans son bocal. Sa maman lui conseil de lui trouver un poème pour le soigner. Mais Arthur ne sait pas ce qu’est un poème. Débute alors pour lui une quête, celle de la poésie.

Un très bel album, de superbes illustrations, très colorées. Comment faire appréhender la poésie dans toute sa diversité aux enfants ? Chaque double page constitue un questionnement et la suivante sa réponse, plus abstraite, plus personnelle à chacun. Et pour chaque définition de la poésie, l’illustration prend toute son ampleur sur une double page, comme pour montrer que l’imaginaire ne connait pas de limites.

Pour finir Arthur met bout à bout les définitions trouvées et…. déclame un poème, découvrant ainsi qu’il n’y a pas qu’une poésie, mais une multitude propre à chacun.

Le poisson clôt ainsi cette quête : « Le poème est mon silence ».

Rien de plus, à chacun de trouver son poème.

A lire à nos enfants toujours en quête de pourquoi et de comment.

Le carnet rouge

Auteurs : Benjamin Lacombe, Agata Kawa


Présentation de l’éditeur

« Le jeune William est envoyé l’année de ses quatorze ans en pension au Malborough College. Un univers au départ intimidant, au milieu duquel William va laisser parler sa créativité en observant et en dessinant la nature environnante. Ainsi naîtra sa vocation… Les illustrations d’Agata Kawa servent à merveille l’histoire romancée de l’enfance de William Morris, artiste fondateur de l’Arts and Crafts. »

Mon avis :

En fan inconditionnelle de Benjamin Lacombe, je dresse l’oreille dès que je vois une nouveauté ; pour cet album il n’est pas illustrateur mais auteur. Et comme thème, il n’est pas tombé dans la facilité. Rien de moins que l’histoire romancée de l’enfance de William Morris, fondateur du design moderne, ou comment le génie germe chez un enfant comme les autres.

1847 : Le jeune William arrive au Malborough College pour devenir prêtre. La vie au pensionnat lui est difficile, à lui jeune rêveur à l’imagination fertile, pour qui chaque arbre, chaque oiseau est source d’inspiration. Son exutoire, les jardins et un petit carnet rouge offert par son père dont il noircit les pages. Quand un professeur lui confisque son précieux carnet, son petit monde s’obscurcit…. mais après tout ce ne sont que quelques griffonnages et l’école, c’est fait pour étudier.

Que dire, à part que cet album est superbe, un magnifique objet, les illustrations d’Agata Kawa sont magnifiques, tout l’imaginaire du jeune William est ainsi dépeint complétant le texte. De petites phrases se perdent dans les grandes illustrations et le lecteur est véritablement plongé dans le monde intérieur du jeune homme ; un univers onirique, sans limites débordant des pages un pur enchantement esthétique.

Seuls petits bémols : Je suis totalement passée à côté de l’histoire à la première lecture tant les illustrations m’ont transportée, et pourtant ce récit est plein de finesse et soulève des interrogations toujours d’actualité. Aujourd’hui encore le génie du jeune William aurait-il sa place à l’école ? Rêverie et études sont-ils compatibles ?

De plus je ne connaissais pas William Morris et là j’ai eu envie d’en savoir plus, de faire des recherches, j’aime qu’un livre m’ouvre de nouveaux horizons, que je n’aurais sûrement pas explorés par moi-même.

Second petit point faible, cet album est censé être un album jeunesse, mais….. je le veux, il est à moi, hors de question de le laisser entre de petites mains assassines, il est trop beau….. je m’égare, mais c’est un peu l’idée 😉

Une petite merveille et une certitude, je compte bien suivre la carrière d’Agata Kawa, la demoiselle a vraiment du talent.

Le blog d’Agata Kawa :

http://www.agata-kawa.com/accueil.htm

Une lettre pour Lily la licorne

Auteur : Christian Ponchon, Rebecca Dautremer
Présentation de l’éditeur

« Victor le facteur entame ce matin une tournée un peu spéciale : il doit remettre une lettre à Lily la Licorne… Une licorne dans une ferme ça ne vous étonne pas, vous ? »

Mon avis :

Cette collection des Petits Gautier, pour Gautier-Languereau, est décidément bien séduisante.

Ce petit album est superbe, les illustrations de Rebecca Dautremer complétant parfaitement le texte. Pour la forme,Vicor le facteur, fait sa tournée et passe d’un animal de la ferme à l’autre, cherchant Lily la licorne. L’illustration occupe la double page et l’animal est toujours énorme face au facteur qui paraît tout petit ; énorme mais pas monstrueux, tant le trait de Rebecca Dautremer est doux et arrondi. Du cochon, on n’aperçoit que la bonne grosse tête toute ronde et rose, la vache nous dévoile timidement ses yeux comme sous l’effet d’un zoom super-grossissant.

Au niveau du texte, la narration elle-même est écrite de façon traditionnelle, mais chaque dialogue est calligraphié différemment, lettres plus ou moins grosses, textes ondulés, polices de caractère différentes…. tout est fait pour qu’on sache du premier coup d’œil qui parle. Et çà marche, je me suis surprise à changer de voix et d’intonation pour chaque animal, sans réfléchir, juste guidée par ce graphisme particulier.

De plus l’auteur a très bien exploité l’humeur, les jeux de mots, facilement compréhensibles par les petits et jouant sur une certaine musicalité.

 » Vois-tu, facteur, certains prennent leur bain assis, d’autres prennent leur bain couchés… Moi, je prends mon bain… de boue ! »

Une collection à découvrir.

Hunger Games

Auteur : Suzanne Collins
Présentation de l’éditeur

« Peeta et Katniss sont tirés au sort pour participer aux Jeux de la Faim. La règle est simple : 24 candidats pour un seul survivant, le tout sous le feu des caméras ? Dans chaque district de Panem une société reconstruite sur les ruines des États-Unis deux adolescents sont choisis pour participer au Jeu de la Faim. La règle est simple : tuer ou se faire tuer. Celui qui remporte l épreuve, le dernier survivant, assure la prospérité à son district pendant un an. Katniss et Peeta sont les « élus » du district numéro douze. Les voilà catapultés dans un décor violent, semé de pièges, où la nourriture est rationnée et, en plus, ils doivent remporter les votes de ceux qui les observent derrière leur télé… Alors que les candidats tombent comme des mouches, que les alliances se font et se défont, Peeta déclare sa flamme pour Katniss à l antenne. La jeune fille avoue elle-aussi son amour. Calcul ? Idylle qui se conclura par la mort d un des amants ? Un suicide ? Tout est possible, et surtout tout est faussé au sein du Jeu de la Faim…»


Mon avis :

Voilà un roman qui m’a transportée, un vrai coup de coeur. J’ai commencé ce livre avant-hier soir et …. impossible de le lâcher, il fallait que je sache la suite.

Katniss est une adolescente bien loin de nos préoccupations ; elle doit subvenir aux besoins de sa mère – totalement absente – et sa soeur cadette, trop fragile, Prim, depuis la mort de son père.

Très tôt, elle a appris à se débrouiller, ne comptant que sur elle-même et sur son meilleur ami, Gale.

Et sa vie va prendre une tournure tragique quand sa petite sœur est tirée au sort pour participer aux Hunger Games ; tous les ans, 12 garçons et 12 filles sont tirés au sort et doivent combattre à mort, jusqu’à ce qu’il ne reste qu’un grand vainqueur. Katniss se porte volontaire pour remplacer sa soeur et…. impossible d’en dire plus sans trop en dévoiler alors chuuuut.

Juste un conseil, précipitez-vous et lisez ce livre 🙂

J’ai frémi, j’ai eu la gorge nouée, j’ai souri….. que du bonheur, que du plaisir et vivement le tome 2 ( en mai) et vivement le film.

L’écriture est rapide et nerveuse, pas de temps mort et si le thème peut faire peur, on ne tombe jamais dans le gore – c’est un livre pour ados.

De nombreuses pistes de réflexion sur le pouvoir de la peur, sur le risque du voyeurisme à outrance, mais aussi sur les vraies valeurs, l’amitié, l’amour, la solidarité, la confiance en soi et dans les autres…..

D’autres avis :

http://www.blog-o-book.com/hunger-games

5/5