Catalène Rocca

Auteurs :  Jean-François Delapré

Éditions La Table Ronde

Présentation de l’éditeur :

« Une inconnue aux yeux pers à la recherche des œuvres d’un mystérieux auteur… Un écrivain célèbre qui fréquente une librairie où il se sent comme chez lui… Deux nouvelles à rebondissements, un hymne sensible et fin à la littérature. »

Jean-François Delapré tient à Lesneven, dans le Finistère, la librairie la plus à l’ouest de l’Europe, la dernière avant l’Amérique. Il collabore aussi à la revue Page. Catalène Rocca / L’homme au manteau de pluie est la première œuvre de cet amoureux fou de la littérature.

Notre avis :

Lui : Deux nouvelles très courtes, une mise en page aérée, un très joli petit livre, facile à emporter et à déguster le temps d’un bon café.

L’écriture est très agréable, mais les histoires sont un peu simples, je n’ai pas été surpris ; j’en attendais un peu plus, comme d’être moi aussi séduit par cette inconnue. Une préférence pour la première qui m’a parue plus aboutie. Néanmoins un bon premier livre.

Moi : je suis assez d’accord avec toi ; moi aussi j’ai ressenti une préférence pour la première et comme un petit goût de pas assez. Mais c’est plutôt bon signe. J’ai lu ces nouvelles d’une traite. Le style est très frais et tient de l’anecdote. J’ai un peu eu l’impression d’écouter une tranche de vie racontée par mon libraire préféré. J’aurais aussi aimé être plus surprise, mais j’ai souri et surtout j’y ai cru. Je suis entrée dans la librairie et à certains instants, j’observais physiquement la scène. Un vrai talent de conteur, une petite douceur, et la faculté de nous faire passer de l’autre côté du comptoir.

Merci à Bob et aux éditions de la Table Ronde pour ce partenariat et merci chéri d’avoir joué le jeu de cette lecture à 2, j’ai vraiment apprécié 😉

Le journal de Peter

Auteurs :  Sébastien Perez, Martin Maniez

Éditions Milan Jeunesse


Présentation de l’éditeur

« Peter, un jeune orphelin, raconte sa vie dans son journal. Dans un monde trop triste et trop gris, il s’invente bientôt un univers peuplé de fées, de pirates et d’Indiens… et devient le célèbre Peter Pan ! »

Mon avis :

Peter est amnésique, il ne sait plus qui il est, qui sont ses parents ; toute sa vie se borne à un cahier dans lequel il consigne ses pensées. Même son prénom lui est étranger, mais c’est comme çà qu’on le nomme à l’orphelinat.

Alors Peter écrit ; il écrit à sa mère dont il ne sait rien , mais qui est forcément très belle, très aimante et qui doit elle aussi penser à lui et le chercher. Dans ce cahier, il range ses espoirs, ses dessins, il dépeint sa vie, ses craintes et son besoin impérieux de savoir d’où il vient, de retrouver sa mère.

Il décide donc de s’enfuir et d’explorer Londres en quête de son passé ; c’est ainsi que de rencontres en rencontres, il arrivera sur les docks et se mettra au service d’un sinistre capitaine qui le mènera à la vérité. Mais cette vérité est-elle celle que Peter avait imaginée ?

Un livre superbe, d’abord l’objet lui-même, magnifique, soigné. Les illustrations de Maniez sont saisissante de réalisme, tantôt esquisse crayonnées, tantôt pâles aquarelles, elles participent à la poésie de l’album. Et tous ces petits détails qui font que le lecteur a réellement l’impression d’être face à un journal intime, des lettres, des photos, des petits trésors, des secrets d’un enfant inconnu que l’on ouvre avec respect, avec tendresse.

Plusieurs niveaux de lecture, une vision différente du mythe de Peter Pan, la genèse du mythe. A lire à différents âges, pour le plaisir, pour comprendre. Des thèmes durs abordés avec intelligence, l’abandon, le manque d’amour, la quête d’identité, le deuil des parents parfaits, la peur de grandir….

Un album magique, complexe, à savourer et à relire plusieurs fois pour en savourer toute la complexité.

Vous pourrez le feuilleter ici.

Le blog de Sébastien Perez.

Ceci est un poème qui guérit les poissons

Auteurs :  Jean-Pierre Siméon, Olivier Tallec

Éditions Rue du Monde

Présentation de l’éditeur

Pour guérir Léon, son poisson rouge malade, Arthur doit lui dire un poème. Mais quelqu’un sur cette planète va-t-il être capable d’expliquer à Arthur ce qu’est un poème ? ! La boulangère, le canari, ses grands-parents, le vieux Mahmoud, chacun à une réponse qui ne ressemble à aucune autre ! Poème semble un mot bien mystérieux. Il y a pourtant urgence, c’est tout de suite qu’Arthur a besoin de savoir. Pour sauver Léon.

Mon avis :

Arthur est très inquiet ; son poisson est malade, il dépérit dans son bocal. Sa maman lui conseil de lui trouver un poème pour le soigner. Mais Arthur ne sait pas ce qu’est un poème. Débute alors pour lui une quête, celle de la poésie.

Un très bel album, de superbes illustrations, très colorées. Comment faire appréhender la poésie dans toute sa diversité aux enfants ? Chaque double page constitue un questionnement et la suivante sa réponse, plus abstraite, plus personnelle à chacun. Et pour chaque définition de la poésie, l’illustration prend toute son ampleur sur une double page, comme pour montrer que l’imaginaire ne connait pas de limites.

Pour finir Arthur met bout à bout les définitions trouvées et…. déclame un poème, découvrant ainsi qu’il n’y a pas qu’une poésie, mais une multitude propre à chacun.

Le poisson clôt ainsi cette quête : « Le poème est mon silence ».

Rien de plus, à chacun de trouver son poème.

A lire à nos enfants toujours en quête de pourquoi et de comment.

Le carnet rouge

Auteurs : Benjamin Lacombe, Agata Kawa


Présentation de l’éditeur

« Le jeune William est envoyé l’année de ses quatorze ans en pension au Malborough College. Un univers au départ intimidant, au milieu duquel William va laisser parler sa créativité en observant et en dessinant la nature environnante. Ainsi naîtra sa vocation… Les illustrations d’Agata Kawa servent à merveille l’histoire romancée de l’enfance de William Morris, artiste fondateur de l’Arts and Crafts. »

Mon avis :

En fan inconditionnelle de Benjamin Lacombe, je dresse l’oreille dès que je vois une nouveauté ; pour cet album il n’est pas illustrateur mais auteur. Et comme thème, il n’est pas tombé dans la facilité. Rien de moins que l’histoire romancée de l’enfance de William Morris, fondateur du design moderne, ou comment le génie germe chez un enfant comme les autres.

1847 : Le jeune William arrive au Malborough College pour devenir prêtre. La vie au pensionnat lui est difficile, à lui jeune rêveur à l’imagination fertile, pour qui chaque arbre, chaque oiseau est source d’inspiration. Son exutoire, les jardins et un petit carnet rouge offert par son père dont il noircit les pages. Quand un professeur lui confisque son précieux carnet, son petit monde s’obscurcit…. mais après tout ce ne sont que quelques griffonnages et l’école, c’est fait pour étudier.

Que dire, à part que cet album est superbe, un magnifique objet, les illustrations d’Agata Kawa sont magnifiques, tout l’imaginaire du jeune William est ainsi dépeint complétant le texte. De petites phrases se perdent dans les grandes illustrations et le lecteur est véritablement plongé dans le monde intérieur du jeune homme ; un univers onirique, sans limites débordant des pages un pur enchantement esthétique.

Seuls petits bémols : Je suis totalement passée à côté de l’histoire à la première lecture tant les illustrations m’ont transportée, et pourtant ce récit est plein de finesse et soulève des interrogations toujours d’actualité. Aujourd’hui encore le génie du jeune William aurait-il sa place à l’école ? Rêverie et études sont-ils compatibles ?

De plus je ne connaissais pas William Morris et là j’ai eu envie d’en savoir plus, de faire des recherches, j’aime qu’un livre m’ouvre de nouveaux horizons, que je n’aurais sûrement pas explorés par moi-même.

Second petit point faible, cet album est censé être un album jeunesse, mais….. je le veux, il est à moi, hors de question de le laisser entre de petites mains assassines, il est trop beau….. je m’égare, mais c’est un peu l’idée 😉

Une petite merveille et une certitude, je compte bien suivre la carrière d’Agata Kawa, la demoiselle a vraiment du talent.

Le blog d’Agata Kawa :

http://www.agata-kawa.com/accueil.htm

Robe de marié

Auteur : Pierre Lemaitre
Présentation de l’éditeur

« Nul n’est à l’abri de la folie. Sophie, une jeune femme qui mène une existence paisible, commence à sombrer lentement dans la démence : mille petits signes inquiétants s’accumulent puis tout s’accélère. Est-elle responsable de la mort de sa belle-mère, de celle de son mari infirme ? Peu à peu, elle se retrouve impliquée dans plusieurs meurtres dont, curieusement, elle n’a aucun souvenir. Alors, désespérée mais lucide, elle organise sa fuite; elle va changer de nom, de vie, se marier, mais son douloureux passé la rattrape… Les ombres de Hitchcock et de Brian de Palma planent sur ce thriller diabolique. »

Mon avis :

Sophie devient folle, Sophie a peur, elle oublie des choses, d’abord sans importance puis de plus en plus graves ; les cadavres s’accumulent autour d’elle, comment peut-on oublier que l’on a tué quelqu’un ? Toute cette folie s’arrêtera-t-elle un jour ?

Voilà un livre que je n’ai pas pu lâcher avant de l’avoir terminé ; une construction originale – différentes parties suivant le point de vue du narrateur et donc différentes visions de la même histoire, avant le dénouement. Une descente aux enfers orchestrée de main de maître, des drames, de la manipulation, de la vengeance, du pur machiavélisme.

Pendant la première partie, je naviguais entre pitié et agacement face à Sophie, qui malgré son instinct de survie, semblait se laisser porter par la fatalité, semblait vouloir fuir la seule personne que l’on ne peut fuir, soi-même ; j’avais envie de la secouer et je me demandais ce qui allait bien pouvoir encore lui tomber dessus.

Et là débute la seconde partie, jubilatoire, la véritable folie, maîtrisée, inquiétante de logique et de perversité et d’autant plus dangereuse qu’elle demeure invisible aux yeux des autres.

Difficile de parler de ce livre sans trop en dire, sans gâcher le plaisir de la découverte, alors je referme à regret ce chapitre et envie un peu les futurs lecteurs qui se feront prendre dans les filets de monsieur Lemaitre.

Une interview de l’auteur

Une lecture commune sur le forum Livraddict :

Cacahuète ; lasardine ; Mystix ; mélo ; alexielle ; Livresque ; Chaplum ; Jennifer ; Calypso ; Kactusss ; Déliregirl ; Clara ; Cynthia ; Mrs Pepys ; Valunivers ; Leyla ; lagrandestef ; Véro ; belledenuit

Une lettre pour Lily la licorne

Auteur : Christian Ponchon, Rebecca Dautremer
Présentation de l’éditeur

« Victor le facteur entame ce matin une tournée un peu spéciale : il doit remettre une lettre à Lily la Licorne… Une licorne dans une ferme ça ne vous étonne pas, vous ? »

Mon avis :

Cette collection des Petits Gautier, pour Gautier-Languereau, est décidément bien séduisante.

Ce petit album est superbe, les illustrations de Rebecca Dautremer complétant parfaitement le texte. Pour la forme,Vicor le facteur, fait sa tournée et passe d’un animal de la ferme à l’autre, cherchant Lily la licorne. L’illustration occupe la double page et l’animal est toujours énorme face au facteur qui paraît tout petit ; énorme mais pas monstrueux, tant le trait de Rebecca Dautremer est doux et arrondi. Du cochon, on n’aperçoit que la bonne grosse tête toute ronde et rose, la vache nous dévoile timidement ses yeux comme sous l’effet d’un zoom super-grossissant.

Au niveau du texte, la narration elle-même est écrite de façon traditionnelle, mais chaque dialogue est calligraphié différemment, lettres plus ou moins grosses, textes ondulés, polices de caractère différentes…. tout est fait pour qu’on sache du premier coup d’œil qui parle. Et çà marche, je me suis surprise à changer de voix et d’intonation pour chaque animal, sans réfléchir, juste guidée par ce graphisme particulier.

De plus l’auteur a très bien exploité l’humeur, les jeux de mots, facilement compréhensibles par les petits et jouant sur une certaine musicalité.

 » Vois-tu, facteur, certains prennent leur bain assis, d’autres prennent leur bain couchés… Moi, je prends mon bain… de boue ! »

Une collection à découvrir.

L’invisible

Auteurs : Stella Rimington
Editeur : Le Livre de Poche


Présentation de l’éditeur

« Selon le jargon de la CIA, le terme «invisible» désigne un terroriste qui a la nationalité et l’ethnie du pays choisi pour cible. Liz Carlyle, de la section antiterroriste du MI5, apprend que la Grande-Bretagne va être infiltrée par un «invisible». Dans le même temps, un jeune indic pakistanais lui signale des mouvements suspects dans une librairie islamiste fondamentaliste de Londres. La menace existe assurément, mais Liz ignore le lieu, la date et la nature de l’attentat… »

Mon avis :

N’étant pas vraiment une spécialiste des romans d’espionnage, j’avais tout à découvrir. Et là j’avoue avoir pris beaucoup de plaisir à cette lecture.

Il convient d’abord de préciser que l’auteur sait de quoi elle parle puisqu’elle a elle-même intégré les services du MI-5 ; du coup ses descriptions sont très précises sans être indigestes. Les relations inter et intra-services sont très claires et le lecteur se sent très vite à l’aise avec les différentes appellations.

Le puzzle se met en place progressivement, les divers protagonistes se développent peu à peu sans tomber dans le fouillis, très vite on sait qui est qui et qui fait quoi, la psychologie des personnages est très fouillée. Le rythme est assez soutenu, pas d’ennui à craindre.

Et n’oublions pas le décor, les plages anglaises, les pubs glauques, la campagne…. tout est fait pour nous mettre dans l’ambiance.

Petits bémols : j’aurais voulu plus de détails sur certains personnages secondaires, comme Marzipan ( Qui est Marzipan ? Il faut le lire pour le découvrir ) ; autre point, mais qui là m’est tout personnel, je me suis plus attachée à la « méchante » qu’à Liz, l’héroïne. L’auteur a superbement décrit le processus psychologique ayant fait d’une jeune fille à l’avenir apparemment tout tracé une terroriste convaincue. J’ai été happée par son histoire et sa relation avec son complice, j’avais des sentiments contradictoires vis-à-vis d’eux et là était la vraie force de l’auteur. Personne n’est tout noir ou tout blanc.

Petite précision, les aventures de Liz ne s’arrêtent pas là ; d’autres tomes existent et je serais plutôt tentée 🙂

Au final, un bon livre d’espionnage, une bonne trame psychologique, que je n’aurais jamais choisi seule , et çà aurait été dommage. ( euh franchement moi qui suis très sensible à la couverture, à l’ambiance dégagée par celle-ci, là je suis passée à côté).

Merci à Livraddict et au livre de poche pour ce partenariat.