Le journal de Peter

Auteurs :  Sébastien Perez, Martin Maniez

Éditions Milan Jeunesse


Présentation de l’éditeur

« Peter, un jeune orphelin, raconte sa vie dans son journal. Dans un monde trop triste et trop gris, il s’invente bientôt un univers peuplé de fées, de pirates et d’Indiens… et devient le célèbre Peter Pan ! »

Mon avis :

Peter est amnésique, il ne sait plus qui il est, qui sont ses parents ; toute sa vie se borne à un cahier dans lequel il consigne ses pensées. Même son prénom lui est étranger, mais c’est comme çà qu’on le nomme à l’orphelinat.

Alors Peter écrit ; il écrit à sa mère dont il ne sait rien , mais qui est forcément très belle, très aimante et qui doit elle aussi penser à lui et le chercher. Dans ce cahier, il range ses espoirs, ses dessins, il dépeint sa vie, ses craintes et son besoin impérieux de savoir d’où il vient, de retrouver sa mère.

Il décide donc de s’enfuir et d’explorer Londres en quête de son passé ; c’est ainsi que de rencontres en rencontres, il arrivera sur les docks et se mettra au service d’un sinistre capitaine qui le mènera à la vérité. Mais cette vérité est-elle celle que Peter avait imaginée ?

Un livre superbe, d’abord l’objet lui-même, magnifique, soigné. Les illustrations de Maniez sont saisissante de réalisme, tantôt esquisse crayonnées, tantôt pâles aquarelles, elles participent à la poésie de l’album. Et tous ces petits détails qui font que le lecteur a réellement l’impression d’être face à un journal intime, des lettres, des photos, des petits trésors, des secrets d’un enfant inconnu que l’on ouvre avec respect, avec tendresse.

Plusieurs niveaux de lecture, une vision différente du mythe de Peter Pan, la genèse du mythe. A lire à différents âges, pour le plaisir, pour comprendre. Des thèmes durs abordés avec intelligence, l’abandon, le manque d’amour, la quête d’identité, le deuil des parents parfaits, la peur de grandir….

Un album magique, complexe, à savourer et à relire plusieurs fois pour en savourer toute la complexité.

Vous pourrez le feuilleter ici.

Le blog de Sébastien Perez.

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Ceci est un poème qui guérit les poissons

Auteurs :  Jean-Pierre Siméon, Olivier Tallec

Éditions Rue du Monde

Présentation de l’éditeur

Pour guérir Léon, son poisson rouge malade, Arthur doit lui dire un poème. Mais quelqu’un sur cette planète va-t-il être capable d’expliquer à Arthur ce qu’est un poème ? ! La boulangère, le canari, ses grands-parents, le vieux Mahmoud, chacun à une réponse qui ne ressemble à aucune autre ! Poème semble un mot bien mystérieux. Il y a pourtant urgence, c’est tout de suite qu’Arthur a besoin de savoir. Pour sauver Léon.

Mon avis :

Arthur est très inquiet ; son poisson est malade, il dépérit dans son bocal. Sa maman lui conseil de lui trouver un poème pour le soigner. Mais Arthur ne sait pas ce qu’est un poème. Débute alors pour lui une quête, celle de la poésie.

Un très bel album, de superbes illustrations, très colorées. Comment faire appréhender la poésie dans toute sa diversité aux enfants ? Chaque double page constitue un questionnement et la suivante sa réponse, plus abstraite, plus personnelle à chacun. Et pour chaque définition de la poésie, l’illustration prend toute son ampleur sur une double page, comme pour montrer que l’imaginaire ne connait pas de limites.

Pour finir Arthur met bout à bout les définitions trouvées et…. déclame un poème, découvrant ainsi qu’il n’y a pas qu’une poésie, mais une multitude propre à chacun.

Le poisson clôt ainsi cette quête : « Le poème est mon silence ».

Rien de plus, à chacun de trouver son poème.

A lire à nos enfants toujours en quête de pourquoi et de comment.

Le carnet rouge

Auteurs : Benjamin Lacombe, Agata Kawa


Présentation de l’éditeur

« Le jeune William est envoyé l’année de ses quatorze ans en pension au Malborough College. Un univers au départ intimidant, au milieu duquel William va laisser parler sa créativité en observant et en dessinant la nature environnante. Ainsi naîtra sa vocation… Les illustrations d’Agata Kawa servent à merveille l’histoire romancée de l’enfance de William Morris, artiste fondateur de l’Arts and Crafts. »

Mon avis :

En fan inconditionnelle de Benjamin Lacombe, je dresse l’oreille dès que je vois une nouveauté ; pour cet album il n’est pas illustrateur mais auteur. Et comme thème, il n’est pas tombé dans la facilité. Rien de moins que l’histoire romancée de l’enfance de William Morris, fondateur du design moderne, ou comment le génie germe chez un enfant comme les autres.

1847 : Le jeune William arrive au Malborough College pour devenir prêtre. La vie au pensionnat lui est difficile, à lui jeune rêveur à l’imagination fertile, pour qui chaque arbre, chaque oiseau est source d’inspiration. Son exutoire, les jardins et un petit carnet rouge offert par son père dont il noircit les pages. Quand un professeur lui confisque son précieux carnet, son petit monde s’obscurcit…. mais après tout ce ne sont que quelques griffonnages et l’école, c’est fait pour étudier.

Que dire, à part que cet album est superbe, un magnifique objet, les illustrations d’Agata Kawa sont magnifiques, tout l’imaginaire du jeune William est ainsi dépeint complétant le texte. De petites phrases se perdent dans les grandes illustrations et le lecteur est véritablement plongé dans le monde intérieur du jeune homme ; un univers onirique, sans limites débordant des pages un pur enchantement esthétique.

Seuls petits bémols : Je suis totalement passée à côté de l’histoire à la première lecture tant les illustrations m’ont transportée, et pourtant ce récit est plein de finesse et soulève des interrogations toujours d’actualité. Aujourd’hui encore le génie du jeune William aurait-il sa place à l’école ? Rêverie et études sont-ils compatibles ?

De plus je ne connaissais pas William Morris et là j’ai eu envie d’en savoir plus, de faire des recherches, j’aime qu’un livre m’ouvre de nouveaux horizons, que je n’aurais sûrement pas explorés par moi-même.

Second petit point faible, cet album est censé être un album jeunesse, mais….. je le veux, il est à moi, hors de question de le laisser entre de petites mains assassines, il est trop beau….. je m’égare, mais c’est un peu l’idée 😉

Une petite merveille et une certitude, je compte bien suivre la carrière d’Agata Kawa, la demoiselle a vraiment du talent.

Le blog d’Agata Kawa :

http://www.agata-kawa.com/accueil.htm

Robe de marié

Auteur : Pierre Lemaitre
Présentation de l’éditeur

« Nul n’est à l’abri de la folie. Sophie, une jeune femme qui mène une existence paisible, commence à sombrer lentement dans la démence : mille petits signes inquiétants s’accumulent puis tout s’accélère. Est-elle responsable de la mort de sa belle-mère, de celle de son mari infirme ? Peu à peu, elle se retrouve impliquée dans plusieurs meurtres dont, curieusement, elle n’a aucun souvenir. Alors, désespérée mais lucide, elle organise sa fuite; elle va changer de nom, de vie, se marier, mais son douloureux passé la rattrape… Les ombres de Hitchcock et de Brian de Palma planent sur ce thriller diabolique. »

Mon avis :

Sophie devient folle, Sophie a peur, elle oublie des choses, d’abord sans importance puis de plus en plus graves ; les cadavres s’accumulent autour d’elle, comment peut-on oublier que l’on a tué quelqu’un ? Toute cette folie s’arrêtera-t-elle un jour ?

Voilà un livre que je n’ai pas pu lâcher avant de l’avoir terminé ; une construction originale – différentes parties suivant le point de vue du narrateur et donc différentes visions de la même histoire, avant le dénouement. Une descente aux enfers orchestrée de main de maître, des drames, de la manipulation, de la vengeance, du pur machiavélisme.

Pendant la première partie, je naviguais entre pitié et agacement face à Sophie, qui malgré son instinct de survie, semblait se laisser porter par la fatalité, semblait vouloir fuir la seule personne que l’on ne peut fuir, soi-même ; j’avais envie de la secouer et je me demandais ce qui allait bien pouvoir encore lui tomber dessus.

Et là débute la seconde partie, jubilatoire, la véritable folie, maîtrisée, inquiétante de logique et de perversité et d’autant plus dangereuse qu’elle demeure invisible aux yeux des autres.

Difficile de parler de ce livre sans trop en dire, sans gâcher le plaisir de la découverte, alors je referme à regret ce chapitre et envie un peu les futurs lecteurs qui se feront prendre dans les filets de monsieur Lemaitre.

Une interview de l’auteur

Une lecture commune sur le forum Livraddict :

Cacahuète ; lasardine ; Mystix ; mélo ; alexielle ; Livresque ; Chaplum ; Jennifer ; Calypso ; Kactusss ; Déliregirl ; Clara ; Cynthia ; Mrs Pepys ; Valunivers ; Leyla ; lagrandestef ; Véro ; belledenuit

Hunger Games

Auteur : Suzanne Collins
Présentation de l’éditeur

« Peeta et Katniss sont tirés au sort pour participer aux Jeux de la Faim. La règle est simple : 24 candidats pour un seul survivant, le tout sous le feu des caméras ? Dans chaque district de Panem une société reconstruite sur les ruines des États-Unis deux adolescents sont choisis pour participer au Jeu de la Faim. La règle est simple : tuer ou se faire tuer. Celui qui remporte l épreuve, le dernier survivant, assure la prospérité à son district pendant un an. Katniss et Peeta sont les « élus » du district numéro douze. Les voilà catapultés dans un décor violent, semé de pièges, où la nourriture est rationnée et, en plus, ils doivent remporter les votes de ceux qui les observent derrière leur télé… Alors que les candidats tombent comme des mouches, que les alliances se font et se défont, Peeta déclare sa flamme pour Katniss à l antenne. La jeune fille avoue elle-aussi son amour. Calcul ? Idylle qui se conclura par la mort d un des amants ? Un suicide ? Tout est possible, et surtout tout est faussé au sein du Jeu de la Faim…»


Mon avis :

Voilà un roman qui m’a transportée, un vrai coup de coeur. J’ai commencé ce livre avant-hier soir et …. impossible de le lâcher, il fallait que je sache la suite.

Katniss est une adolescente bien loin de nos préoccupations ; elle doit subvenir aux besoins de sa mère – totalement absente – et sa soeur cadette, trop fragile, Prim, depuis la mort de son père.

Très tôt, elle a appris à se débrouiller, ne comptant que sur elle-même et sur son meilleur ami, Gale.

Et sa vie va prendre une tournure tragique quand sa petite sœur est tirée au sort pour participer aux Hunger Games ; tous les ans, 12 garçons et 12 filles sont tirés au sort et doivent combattre à mort, jusqu’à ce qu’il ne reste qu’un grand vainqueur. Katniss se porte volontaire pour remplacer sa soeur et…. impossible d’en dire plus sans trop en dévoiler alors chuuuut.

Juste un conseil, précipitez-vous et lisez ce livre 🙂

J’ai frémi, j’ai eu la gorge nouée, j’ai souri….. que du bonheur, que du plaisir et vivement le tome 2 ( en mai) et vivement le film.

L’écriture est rapide et nerveuse, pas de temps mort et si le thème peut faire peur, on ne tombe jamais dans le gore – c’est un livre pour ados.

De nombreuses pistes de réflexion sur le pouvoir de la peur, sur le risque du voyeurisme à outrance, mais aussi sur les vraies valeurs, l’amitié, l’amour, la solidarité, la confiance en soi et dans les autres…..

D’autres avis :

http://www.blog-o-book.com/hunger-games

5/5